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Peintre, illustrateur & rédacteur

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Sue Lloyd ou le rendez-vous manqué.

 

SUE LLOYD, de son nom complet Susan Margery Jeaffreyson Lloyd, rêvait d'être danseuse mais sa grande taille l'obligea à s'orienter d'abord vers le mannequinat, avant de devenir modèle (elle posa pour Vogue), et flirta quelque temps avec le music-hall comme chorus girl, et c'est donc tout naturellement qu'elle devint actrice. Simultanément pour le petit et pour le grand écran, et curieusement, et souvent dans des séries et des films proches du genre "thriller d'espionnage". C'est ainsi qu'elle brillera dans l'excellent IPCRESS FILE de Sidney J. Furie, en 1965, aux côtés du jeune et fringuant Michel Caine ! Ce film lancera d'ailleurs la carrière de Caine, à travers le héros récurrent Harry Palmer. Sue, quant à elle, confirmera par sa prestation son talent et sa présence singulière. Elle retrouvera son rôle et Michael Caine en 1990 pour la 4ème et dernière aventure de Harry Palmer. Ce fut surtout sur le petit écran que son charisme et sa pétillance feront merveille durant ces bouillantes années soixante... Elle décrochera ainsi le rôle de l'acolyte récurrente de Steve Forrest dans la série THE BARON. Et on la retrouvera en "vedette invitée" dans de très nombreuses séries, notamment Le Saint, Chapeau melon & Bottes de cuir, Departement S, Jason King, Amicalement Vôtre... Les années 70 lui sourient aussi : elle enchaînera films, parfois de courtes mais marquantes apparitions, notamment dans  'La Malédiction de La Panthère Rose', où Peter Sellers y fera sa dernière prestation dans la peau de l'inénarrable inspecteur Clouseau, et où elle jouera... Un travesti ! Elle montera sur scène pour incarner Emma Peel dans une adaptation théâtrale de 'Chapeau melon & bottes de cuir'. Un spectacle ambitieux et déjanté avec décor SF & une escouade de femmes-robots !!  Hélas, ce spectacle ne remporta pas le succès escompté. La vie d'artiste est souvent une succession de contrariétés... En 1978, elle figurera au générique de 'Lady Oscar' de Jacques Demy, un autre projet fou adapté d'un manga japonais ! Parallèlement à ces engagements et pas mal d'autres, sur des tournages les plus divers, elle développera une activité professionnelle de peintre-décoratrice et de portraitiste. Une découverte qui a contribué à me rendre cette artiste tout à fait passionnante. 

Au débuts des années 90, le décès brutal de son époux, l'acteur Ronald Allen, (qui était son partenaire principal dans 'Crossroads', (un soap-opera très populaire en Grande-Bretagne), elle se fera plus rare sur les plateaux...

En 2011, Sue Lloyd quitte définitivement le Grand Show de la Vie de ce côté-ci du Monde. Je crois qu'elle laisse l'empreinte d'une grande dame stylée, pétillante, un brin excentrique, pleine d'humour et de panache. Bref... La Vraie Classe Anglaise ! 💖

 

 

La carrière de Sue Lloyd, c'est pour moi l'histoire mélancolique d'un rendez-vous manqué.

Le rendez-vous avec une héroïne qui eut pu faire d'elle une icône de tout premier plan.

J'ai nommée : MODESTY BLAISE. 🖤

 

 

 

 

Ah ! Moi et mon invincible tentation de vouloir refaire l'histoire !..
Mais chaque fois que j'ai le plaisir de relire ce passage d'une des aventures de MODESTY BLAISE, je vois combien SUE LLOYD aurait été une parfaite incarnation de cette aventurière & agente très spéciale... 😍  La brune Guerrière affutée comme une lame de katana, et tout aussi prête à une soudaine fantaisie consistant à se prendre au jeu d'un 'gunfight' pour rire, avec deux gamins, au beau milieu d'une rue de Londres, alors qu'elle accompagne un des directeurs du MC5 à une rencontre dans la suite luxueuse du Ritz avec le cheik d'un puissant pays du Golfe, pour organiser une mission ultra-secrète et hautement périlleuse.
Modesty Blaise c'est tellement ça : le charme de l'inattendu ! Et je ne suis pas loin de penser que dans sa vie, Sue Lloyd était à sa manière une femme scintillante et surprenante.    

 

 

Définitivement, les aventures de Modesty Blaise  créée par PETE O'DONNELL (béni soit cet auteur), pleines d'action et de dangers, n'étaient pas que de simples "romans de gare" et des brillants comic-strips pour adultes - dessinés par le magistral Jim Holdaway - et la fascinante Modesty était bien plus (et bien mieux) qu'un double féminin de 007. 
 
Elle était, et elle demeure, 60 ans après sa création, une authentique figure féministe !

 

 

 

 

                            Encres sur papier  ©TC 2026

                         

                         

                Dernier rendez-vous du soir avec Sue, version Modesty, souligné au Vert Anglais...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                       « My Name is BLAISE... MODESTY BLAISE  »

 

 

Petite compensation, Sue Lloyd fut de 1965 à 1966 la très chic et espiègle Cordelia, dans la série d'espionnage THE BARON, aux côtés de l'américain Steve Forrest, mais son personnage, hélas réduit souvent à une figure un peu trop "décorative"  [ du genre pendant que Monsieur le "héros" fonce vers l'aventure, Madame l'acolyte garde la boutique ou s'en va faire du shopping ] ne lui donnera qu'en de trop brèves occasions, le moyen de tirer réellement son épingle du jeu... Elle reste pourtant l'atout charme majeur de cette série fort sympathique.   

 

                                            

           C'est en 1968 que viendra le "lot consolation" de ce rendez-vous iconique manqué avec la secrète agente, sous la forme d'un film choc : ' CORRUPTION ' (Carnage en français). 

Un thriller horrifique signé Robert Hartford-Davis, dans lequel Sue Lloyd partage l'affiche avec le grand Peter Cushing, à armes quasi égales. Formidable tête à tête, pour un duo amoureux sous le signe de la passion destructrice, qui voit un éminent chirurgien se damner littéralement par amour pour rendre sa beauté à sa jeune épouse, ex mannequin-star adulé, gravement défigurée à la suite d'un accident dont il est en partie responsable. Bientôt l'histoire de ce couple maudit va basculer dans la folie meurtrière !.. Ce giallo à l'anglaise (on pense à Mario Bava... Mais aussi à L'Henri-Georges Clouzot de 'La Prisonnière') surprend par son réalisme - les meurtres sont filmés de manière très crue - le film brosse au passage, le portrait satirique du swinging London.  Ce qui l'inscrit parfaitement dans son époque. L'ombre lointaine de Franju (les yeux sans visages) et d'Oscar Wilde (le portrait de Dorian Gray) sont aussi convoqués à ce bal mortifère et vertigineux. 

Je pense donc que l'on peut raisonnablement qualifier Corruption de film culte. De là, à qualifier Sue Lloyd d'actrice culte, il n'y a qu'un pas... Que je franchis allègrement ! 😏 Hop 

 

                                 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                My Dear Lady SUE... SO BRITISH ! 

 

 

                                                                       ©TC 2026

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