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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 09:46

 

 

Yadviga Kojinska... Rien qu'à prononcer son nom, on a déja en bouche un goût d'aventure.

Elle me l'écrivit un jour au crayon de papier en bas d'une de ces délicieuses lettres. Passionnée de littérature de poésie et de musique, elle fut aussi danseuse dans une de ses vies...

Elle jouait fort bien du piano, avec une prédisposition pour Schumann et quelques autres romantiques. Sans négliger Mozart, ni son amour absolu pour l'opéra. Don Giovanni en tête.

 

 

 

Edwige Dorfmann 1

 

 

 

Elle a écrit plusieurs livres. De courts romans-récits plus ou moins auto-biographiques, pleins d'esprit de sensualité et d'humour.  

Comme ses livres, ses lettres étaient souvent épiques, drôles et tendres. Moitié manuscrites moitié tapées sur une vieille machine à écrire. Avec ce regard tour à tour bienveillant et cruel sur les êtres et les choses, qu'elle savait rendre vivants et familiers. La moindre anecdote pouvait se transformer sous sa plume en scène de comédie... L'auto-dérision semblait être une seconde nature chez elle. 

 

Yadviga me vouvoyais d'ordinaire, plus par jeu que par convenance.  Mais bien souvent elle terminait ses lettres, comme ses coups de fils, en me tutoyant ; comme quand elle me parlait à voix basse lorsque je lui rendais visite dans son joli appartement du 16ème, et que venait le moment de nous séparer alors que nous mourions d'envie de demeurer ensemble.  Ainsi un soir, entre deux mots presque chuchotés, nos lèvres se sont effleurées un instant... "Tu sens bon" m'a-t-elle dit dans un soupir. 

 

Séductrice et curieuse de "l'air du temps", elle aimait aussi hanter certains salons (huppés ou non) de la capitale... Pour ensuite m'en faire le récit au téléphone ou par écrit, et me faire sourire de cette ébullition intellectuelle et artistique dont elle était friande. 

   

 

Piquante, généreuse, passionnée, faussement frivole, Yadviga est une éternelle amoureuse. Sa voix peut devenir d'une telle douceur... Sa compagnie m'enchantait, et je crois pouvoir dire qu'elle appréciait la mienne. J'aime relire ses mots qu'elle m'offrait. Ses confidences, ses secrets espoirs. J'aimais son visage, ses mains fines et ses gestes grâcieux... Et puis sentir ses regards.

Je me souviens de ceux qu'elle me lança lors de notre première rencontre. Comme une invitation muette. Si troublante.

 

Yadviga est une des étoiles de mon ciel. Pour toujours.

 

 

    Edwige Dorfmann B 

 

 

 

 

 

 

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Published by thierry cardinet - dans cardinet
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